vendredi 15 mai 2020

COVID-19 ... ou ... CO-VIe Durant- 2019

En cette période de crise sanitaire, de pandémie, de guerre invisible, de frayeur mondiale, de peur et d'angoisse, si on essayait de voir les choses autrement ? 
Infirmière coordinatrice en EHPAD, j'ai pourtant été touché en plein cœur face à ce virus appelé chez nous "Connard-Virus".
Cet article reflètera la situation critique que j'ai subis pendant 24 X2 jours  -le temps de 2 vagues de covid-19 et la beauté qui en est sortie ...

Tout à commencé dans la nuit du 19 au 20 Mars 2020

Une première fièvre et une première chute chez un de nos résidents. Malgré les mails d'alerte envoyés par des médecins- gériatre--de l'Est de la France sur la diversité des symptômes chez la personne âgée, on pensait comme beaucoup que grâce à nos mesures imposées à l'entrée de l'EHPAD, le virus ne pouvait rentrer : Illusoire!
Et il y a eu ce 20 Mars 2020, où tout a flambé, où une vague- un tsunami- s'est abattu sur l'EHPAD.
En l'espace de 24h, on découvre que 3 de nos résidents sont atteints, peu importe l'étage ou il se trouve ( au RDC, au 1er au 4ème étage). On comprends alors que le virus est "dans nos murs".
J'enchaine un 6ème jour, rappelé en urgence, pour mettre en place l'unité Covid 19 : une barrière de chantier, une pancarte avec un sens interdit, un personnel en contact restreint, des équipements jetables que l'on réutilisera par peur de manquer… et l'avenir nous prouvera que ce fut le cas …
Intérieurement, je me surprends malgré tout à penser: "c'est bon, on gère ! "

Illusoire: 1 autre cas est déclaré, cette fois ci au 2ème étage… 

J'enchaine mon 7ème jour. L'unité covid doit s'agrandir: 1 cas en plus… Le personnel soignant commence à réellement s'inquiéter pour lui et pour sa famille. Et s'il ramenait le virus chez lui ? Certains craquent, pleurent, se mettent en arrêt… d'autres se donnent à 300%. Les familles paniquent elles-aussi...
8ème jour, si seulement la situation pouvait se stabiliser … Pas d'autre cas, mais des résidents "explosés", des fièvres à + de 39°, des dé-saturations en oxygène, des hallucinations, des états inquiétants… Le personnel présent se donne, prend des risques pour être en contact avec les covid+ .

9ème jour, la situation se stabilise, on m'impose 1 jour de congé… 1 jour de "repos" accroché sur mon portable a appeler les collègues en poste, pour connaitre l'état de santé de nos résidents renommés "nos covid+".

10ème jour, notre salon de coiffure - pièce présente dans l'espace désigné pour l'unité covid- se transforme en chambre d'urgence. Je me découvre alors un talent d'architecte d'intérieur : scotcher du papier cadeau avec des cœurs sur l'ensemble des miroirs, adapter l'environnement, faire au mieux dans un temps de crise. En ce 10ème jour, nous avons 1 cas en plus : son état de santé est précaire, une urgence respiratoire, fréquence respi à 28, Sat à 60%... On craint de la perdre. Mais son heure n'est pas venue, elle s'accroche…-Aujourd'hui Monique est tirée d'affaire et a repris sa chambre initiale-.

Le temps s'arrête

11ème jour, une de nos résidentes décède… Quelle déchirure et souffrance que celle de n'avoir pas pu laisser ses enfants être à ses cotés pour son dernier passage. La veille, mon téléphone de service accroché à la taie d'oreiller de Mme S, sa fille avait alors pu parler une dernière fois à sa maman. Témoin de cet instant précieux, de ces minutes qui semblent devenir des heures, de ces mots, de ces larmes et de ces silences..., comment en sommes nous arrivés là ? 

Les jours passent, la fatigue s'accumule. Les amis se font présents, par des messages, des attentions culinaires, des plats déposés directement à mon travail, des commandes alimentaires livrées en bas de mon immeuble, des prières, des marques de soutien… Des cadeaux précieux! Et puis il y a ces applaudissements à 20h... 

24ème jour , fin de l'isolement des "Covid+", période imposée d'isolement pour éviter la contamination, et on assiste avec joie au retour dans leurs chambres initiales. Reste une surveillance à maintenir auprès de résidents affaiblis. Certains ont perdu du poids, parfois jusqu'à 10kg... On sait que rien n'est gagné. On apprends jour après jour, comment le virus est capable d'affecter l'ensemble du corps humain : poumons mais pas que… le cœur, mais aussi les reins, le cerveau… La réalité sur le terrain devient compliquée avec :
-des recommandations et des informations du ministère de la santé plusieurs fois par jour.
- des ordres et puis des contre-ordres …
- des tests à faire … puis à ne plus faire…
- des protocoles d'utilisation d'équipements (masque / surblouses/ lunettes/ surchaussures / charlottes) qui se voient totalement modifiés …
Mais on s'adapte, on devient même les meilleurs jongleurs du "Cirque Pinder"... 


Et si c'était la fin du Covid à l'EHPAD ?

Les chambres sont désinfectées, vidées, des sourires sous le masque des soignants se laisse deviner.. On a réussi à tenir ! On pleure notre résidente décédée et on ris aussi-et surtout- avec nos covid+ devenus maintenant nos champions!

Mais telle une deuxième secousse dans un tremblement de terre, 3 autres résidents présentes des symptômes nous laissant suspecter le virus. 
Appel au Samu, mobilisation d'une équipe de dépistage, et intérieurement on se doute du résultat, c'est reparti pour 24 jours…
On connait la procédure et les gestes à adopter, on se prends même au jeu de "celui qui s'habillera le plus vite en zone covid…"
L'unité est de nouveau remplie par d'autres covid+.
Impuissante, j'assiste aussi à un personnel soignant qui -fatigué par la situation depuis 3semaines- tombe lui aussi … Le virus n'épargne personne… Tous, nous nous surveillons… Et apprenons encore plus à prendre soin les uns les autres. 

Soutenir le moral des troupes deviens alors ma priorité ! 

Chaque soignant devient encore plus précieux, et pour éviter d'avancer tels des zombies du covid submergés, je décide de démarcher des dizaines d'entreprises alimentaires pour apporter du réconfort.  

Des réponses positives pleuvent, Carte Noire - Picard - Haribo - Andros - Kusmi Tea - Bjorg - Nespresso - Thiriet - Cote d'or - tous, sont prêts à nous soutenir et nous envois des colis de gâteaux, de café, de thé, de bonbons, de compotes, de pâtes de fruits…
Les sourires se laissent à nouveau deviner sous les masques et, dans leurs yeux cernés, réapparait un peu de lumière … 

Aujourd'hui, 

Aujourd'hui, notre unité Covid est fermée. 0 cas depuis 27 jours. L'ARS nous a confirmé la fin de l'épidémie au sein de notre établissement. Les derniers tests pratiqués sur le personnel soignant et les résidents, sont tous revenus négatifs. Mais tous restons en alerte, prêt à dégainer de nouveau nos "armes" contre ce virus. Dans cette situation, j'ai découvert des pépites, des personnes uniques et des personnes magnifiques. Vous dites des héros ? Non, ce sont plutôt des super-héros,qui se sont exposés face à la maladie, qui se sont mis consciemment en danger pour soigner tels des soldats… Des soldats pour la VIE.
CoVid-19 sera pour moi un CO/ Ensemble pour la VIe durant cette année 2019-2020.

Puisse cet article faire que tous, nous nous tournions ensemble vers la VIE… 

Merci à vous :
Myriam, Marie-Agnès, Christophe, Juliette et Christophe, les Gordon, Andrée et Thierry, Hélène, Andrée et Christian, Amandine, Séverine et toute la fraternité, Chanchan, Marthouille, Véronique, Marguerite, Julien, toute ma famille, Marion, toute l'équipe des musiciens, aux paroissiens et au curé de la paroisse Jeanne d'Arc, frère Thibaut, Marie-Do, Chrichri, Lucie, Guirec, Benoit, Philippe, Fabienne, Marie Laure, Anne-Claire, Camille, Catherine et Philippe, Jean, Eva, Pierre, Brigitte et Philippe, Marie Louise, Agnès, BMB, Guyonne, Marine, et tant d'autres… 

Merci à mon équipe soignante : Marie, Charlène, Agnès, Patrick, Catherine, Joelle, Graziella, Sophie, Isabelle, David, Lucie, Fatima, Florence, Myriam, Sylvie, Vanessa, Sébastien, Peggy, Anne-Marie, Sonia, Sarah, Larissa, Patricia, Claudine, Karine, Cécile, Aurélie … 


Myriam-Elise  



"Viens sois ma lumière" Mère Teresa

"Mets toi debout et deviens lumière!" Is 60.1

dimanche 26 janvier 2020

DIPLOME UNIVERSITAIRE "MEDECINE TROPICALE ET HUMANITAIRE"

La nouvelle du mois d'octobre 2019:


l'obtention de mon diplôme d'université en Médecine tropicale et Humanitaire.



 Après 1 année de formation en alternance au sein de la faculté de Médecine de Rennes, un mémoire et une soutenance de mémoire sur "La lèpre dans le monde", un examen pratique et un examen écrit, j'ai reçu ce 10 octobre2019 ma validation de diplôme universitaire en "Médecine tropicale et humanitaire".



Un examen obtenu d'un 15/20 pour me permettre de prendre en charge au mieux toutes ces maladies tropicales, négligées, méconnues, à travers le monde. 



Petit retour en arrière et le pourquoi de ce Diplôme...?




Lors de mon année sabbatique en Afrique et tout au long de mes missions humanitaires, j'ai pu rencontrer de nombreuses maladies et pathologies difficiles à prendre en charge et pour lesquelles bien souvent je restais démunie: faute de connaissances . 



Un diplôme qui fait ainsi écho à mon désir de me spécialiser pour prendre en charge des patients à travers le monde et ainsi me permettre de connaitre, de comprendre, d'approfondir mes connaissances et compétences. 
Grâce aux TP où sur des lames nous identifions les différentes formes du paludisme, de la tuberculose et des maladies parasitaires, grâce aux cours magistraux d'intervenants de France,, cette année fût extrêmement riche pour moi. 

Après un mémoire et une soutenance sur le thème de la lèpre dans le monde, et grâce aux échanges avec des léprologues de France et d'Afrique, mon 19/20 a été pour moi une révélation dans mon combat contre cette maladie négligée encore très présente dans le monde. 



La suite…?! TOUJOURS ! Les envies, les rêves, les projets ne s'arrêtent jamais! 

A la fin de mon année universitaire, après échanges avec le Pr Gangneux, responsable du service infectieux à l'hôpital de Rennes et responsable du DU "Médecine tropicale et humanitaire", celui-ci m'a demandé de devenir intervenante pour les futurs promotions d'élèves pour le DU de "Médecine tropicale et humanitaires." Une expérience enrichissante!
2020 sera marqué par un autre diplôme universitaire pour me spécialiser dans la "Prise en charge de la douleur" et une nouvelle mission auprès de mes lépreux "chéris" avec la fondation Raoul Follereau avec qui j'ai pu échanger et pour laquelle mon CV a été retenu .…


Et maintenant quelques photos illustratives de cette année universitaire…


Préparation des cours … beaucoup de travail !

Intitulé de mon cours pour la promotion 2019-2020

3Exemplaires de mon mémoire pour le jury

Mon mémoire
Anophele sur lame

Taenia saginata adulte -examen macroscopique


                         La suite au prochain épisode !!!!  


lundi 1 avril 2019

EN FEVRIER C'ETAIT DAKAR

Alors que la vie a reprit son train train dans mon quotidien, les souvenirs du Sénégal et les visages de toutes ces personnes rencontrées restent dans ma mémoire, avec cet unique constat: quelle mission humanitaire médicale extraordinaire j'ai pu vivre...

Lorsque je revois chacun de mes amis ou ma famille, la même question retentit dans leur bouche : "Alors c'était comment?"... Parfois, il m'est même arrivée de rester sans voix. Non pas parce qu'il n'y avait rien à dire mais bien au contraire, trop de choses qu'aucun mot ne peut traduire.
Je vais cependant maintenant tenter d'exprimer ce que mon coeur a pu ressentir et ressent encore aujourd'hui sur cette expérience hors du commun auprès de ces lépreux si chers à mon coeur.

1) L'arrivée en Afrique : 
Devant le bureau de la direction et lieu des cérémonies

Alors que j'avais quitté l'Afrique en 2016, remettre les pieds sur ce que j'aime appeler "ma terre natale" fut une réelle joie. Quelle consolation que de retrouver ces "habitudes", ces odeurs, ces coutumes, ces sourires, ces dialectes à apprendre, ces rires, ces coupures d'eau, ces expressions verbales, ces arachides, cette chaleur, ces habitudes alimentaires...Dès l'arrivée sur le tarmac de l'aéroport, les 28° C m'ont accueillis les bras grands ouverts laissant alors tomber mon manteau d'hiver, mon gilet et mon pull pour laisser place au tee shirt.


 2) L'arrivée au Centre Hospitalier de l'Ordre de Malte (= CHOM) :
L'entrée du CHOM




Le lendemain de mon arrivée, j'ai pu partir en taxi vers le CHOM pour y découvrir ce qui aura été ma seconde maison sur Dakar.
Le long du trajet de mon "chez moi" au CHOM fut un réel plaisir de redécouvrir les joies des embouteillages, des odeurs de pollution, des vendeurs de rue en tout genre, des klaxons et des "Non règles" de la circulation....Après quelques kilomètres, une arrivée au fond d'un chemin sec et aride fut l'entrée dans un centre hospitalier en perpétuel renouvellement et agrandissement depuis maintenant 50ans.

Mur du CHOM
Sur place, j'ai découvert une équipe pluridisciplinaire que j'ai très rapidement appelé ma "famille Sénégalaise". Tout d'abord, avec mes 2 référentes de stage:
-Dr Lahla dermatologue et léprologue et Astou, ma surveillante de soins de Médecine.
-Puis mes 2 laborantins préférés Marie et Asna.
-Ensuite, mes 2 TRES GRANDS kiné-rééducateurs préférés (mesurant 2m02 et 2mètres 05).
-Sans oublier mes infirmières et brancardiers au coeur d'or : Raby, Marie, Cécile, Paul, Athanase, Ismaël, Fatou, .... avec qui j'ai eu la joie de passer de belles journées en rire, chanson, blagues et sourire permanent.

Astou - moi- Dr Lahla - Cécile

3) Mon Planning de la mission :

 Mon programme sur place s'articulait autour de la prise en charge de la lèpre dans les services de médecine, de chirurgie, au bloc opératoire, de consultations externes, au laboratoire, en rééducation, auprès de la cordonnerie et de l'assistante sociale.

Grâce à ce panel très large d'acteurs dans la prise en soins des lépreux,j'ai ainsi pu découvrir de nombreuses nouvelles choses source d'un enrichissement personnel / professionnel important.

Des moments intenses et riches à la suite:
- de mon passage au bloc opératoire pour la réduction de paresthésies / compressions de nerfs
-de mon passage au laboratoire avec la découverte des Bacilles sur des lames après coloration
- de mes passages quotidiens au chevet de mes patients préférés pour passer du temps avec eux, boire le thé à 15h00, apprendre à parler Wolof, jouer aux dames à 16h00 ou faire des checks de salutations

Lors de ces moments professionnels, c'était avec joie que je passais ce temps à leurs cotés. Pour beaucoup, les premiers jours d'hospitalisation étaient source de larmes, expression de leur souffrance intérieure, et puis petit à petit de sourires et enfin d'éclats de rire.
C'était le cas d'Isseu, une jeune femme de 23 ans, atteinte dans la forme la plus avancée de la maladie. La première fois que je l'ai vu, celle-ci pleurait sans cesse et baissait la tête en permanence de peur qu'on la regarde. Écrasée par la maladie et victime du rejet de la société, il a fallu "user" de patience auprès d'Isseu, en passant du temps à ses cotés, pour lui redonner la dignité humaine qui lui est dû.
Voici le selfie qu'elle a souhaité faire lors de mon dernier jour au CHOM :
Au cours du séjour, après mes semaines de travail, j'avais tout le loisir pour voyager dans le pays. C'est ainsi que j'ai pu découvrir les fonds marins lors d'une plongée sous marine, de découvrir l'espace aérien par une excursion à"AccroBaobab"-de l’accrobranche à 17m de hauteur dans une réserve de baobabs, découvrir les marchés en tout genre, vivre une messe dans le monastère de Keur Moussa, passer un we sur la mangrove, déjeuner près du lac rose, arpenter les rues de l'ile de Gorée (lieu de l'esclavage)…

Ces temps libres m'ont donc permise de voir des paysages splendides aux mille couleurs, aux mille saveurs et de baigner pleinement dans l'ambiance de ce pays adoptif pour quelques semaines.
Une richesse tant professionnelle que personnelle pour vivre de nouveaux auprès de ces malades qui sont chers à mon cœur. 

Pour finir, ce mail a aussi comme objectif de répondre aux questions que vous êtes nombreux à me poser. Les voici :
- à ceux qui me demande pourquoi j'aime prendre en charge ces malades porteurs de la lèpre …
A ceux-là je pourrais répondre, après réflexion, que ces malades ont ravagé mon cœur d'Amour lors de ma mission en Inde, de part leur exclusion de la société, de part leur souffrance intérieure et extérieure, de part leurs difficultés à s'accepter/se regarder, de part leur faiblesse dans ce monde et enfin de part leur corps si mutilé. A l'image de Sainte mère Teresa et de Saint Damien de Molokai qui sont devenus mes saints préférés, j'essaie de donner un peu de cet Amour qu'ils ont bien souvent perdus...
-à ceux qui me demande si je peux attraper la maladie. A ceux là, je leur répond que le risque 0 n'existe pas dans une vie.  La maladie est liée à une bactérie contagieuse, sans vaccin, mais qui possède un traitement. En réponse, 2 questions: pourquoi passer sa vie à craindre quelque chose ? Sommes nous esclave de la peur dans nos vies?
- à ceux qui me demande pourquoi j'aime autant l'Afrique noire … A ceux là j'aime leur répondre qu'en fait "je suis albinos et que mes parents sont noirs". Plus sérieusement, depuis l'enfance j'ai toujours su que je partirai en Afrique soigner les malades… Était-ce un appel ? Chose certaine, l'Afrique est pour moi ma terre.
-à ceux qui me demande quand et ou sera ma prochaine mission … A ceux là, et bien, je n'ai pas de réponse… aujourd'hui !. … Non pas parce que je n'en ai pas l'envie - au contraire- mais parce que j'aime me laisser guider par une demande, un appel, une piste… La seule certitude réside dans mon désir de repartir prendre soin des lépreux à travers le monde. 

Puisse cet article vous faire vivre un peu de ces temps bénis que j'ai pu vivre et à ce petit bout de Ciel qui s'est ouvert pour atteindre mon cœur lors de cette mission auprès des pauvres…


J'espère à très bientôt.
Je vous embrasse.
Myriam-Elise

" La plus grande souffrance est de se sentir seul, sans amour, abandonné de tous". Sainte Mère Teresa




dimanche 28 octobre 2018

PROJETS 2018-2019 = Appel aux dons

Formation professionnelle 2018-2019


Et c'est reparti cette année pour une nouvelle formation continue via un Diplôme Universitaire dit : D.U.
En Juin dernier, je validais mon DU spécialisé en "Plaies et Cicatrisation" au sein de la faculté de Médecine de Caen dont le but final était de prendre au mieux les lépreux porteurs de plaies complexes et compliquées.

Pour faire suite à mon désire profond personnel et professionnel, cette année je me lance dans un D.U spécialisé sur "la Médecine Tropicale et Humanitaire" au sein de la faculté de Médecine de Rennes.

Au programme des thèmes abordés cette année : la lèpre, le paludisme, la rage, la peste, les (nombreux) vers intestinaux... et tous les mots compliqués finissants par "...OSES" tels que - Leishmanioses/Cysticercose/ Échinococcoses/ Brucellose/ Dracunculose/ Bilharzioses/ Histoplasmoses ...

Une belle année et un nouveau challenge en perspective !


Mission SÉNÉGAL - Dakar -> Janvier/Février 2019


Qui dit nouvelle année dit nouvelle mission ! Cette fois-ci, l'Afrique a encore "frappé" dans le coté des vainqueurs, pour une nouvelle mission auprès des lépreux.
Après avoir été retenu comme bénévole au sein de l'Ordre de Malte International, c'est fin Janvier 2019 que je décollerai pour 1 mois au sein du Centre Hospitalier de l'Ordre de Malte (appelé le C.H.O.M) à Dakar au Sénégal. 

Sur place, je serai affectée au sein d'une équipe locale de soignants sur plusieurs lieux et services de mission. Tout d'abord, dans le service infirmier avec des soins dits "techniques" de plaies liées de patients porteurs de la lèpre. Par la suite, une mission au sein du Bloc Opératoire spécialisé dans les reprises de moignons et plaies compliquées. Pour enfin, partir en brousse pour dépister-recenser-évaluer les populations atteintes de la lèpre. 



Mais "J'AI -réellement- BESOIN DE VOUS"


"Afin qu'une lampe continue de brûler, il faut ajouter de l'huile."  Mère Teresa
Tous ces projets ont un coût financier que seule il m'est difficile d'honorer. 
Pour vous donner une estimation, voici ci-joint les frais réels
1- la formation de diplôme universitaire = 1223euros
2- les billets d'avion pour Dakar = 432 euros (compagnie low cost)
3- les frais annexes sur Dakar (estimation ) tels que nourriture / déplacements / dons de remerciements / cadeaux = 200 euros . 

Vous pouvez alors y participer à la hauteur de vos possibilités via la cagnotte en ligne ou m'adressant un mail via ma boite mail :

     ->https://www.leetchi.com/c/mission-medicale-dakar-janvier-fevrier-2019
          -> myriamelisemaignan@gmail.com


                                            Par avance un grand MERCI.
                                                                     Myriam-Elise 



samedi 13 octobre 2018

DIPLOME UNIVERSITAIRE "Plaies et Cicatrisation"

La nouvelle du mois de Juillet 2018 :

l'obtention de mon diplôme d'université en Plaies et Cicatrisation.

 Après 1 année de formation en alternance au sein de l'université de Médecine de Caen, un mémoire et un examen écrit, j'ai reçu ce 03 juillet 2018 ma validation de diplôme universitaire en "Plaies et Cicatrisation".

Un examen obtenu d'un 16/20 pour permettre de prendre au mieux toutes les plaies complexes et à retard de cicatrisation au sein de mes soins infirmiers.

 


Petit retour en arrière et le pourquoi de ce Diplôme...?


Lors de mon année sabbatique en Afrique-au Congo Kinshasa, j'ai pu rencontrer de nombreuses plaies difficiles à prendre en charge et pour lesquelles bien souvent je restai démunie: faute de moyen mais surtout faute de connaissances approfondies. 
Lors de ma mission humanitaire en février 2017 en Inde auprès des Lépreux, j'ai été impacté par la nécessité de prise en charge de leurs plaies de lèpre: infectées/ colonisées/ habitées (d'asticots ou de mouches) / d'amputation...
Un diplôme qui fait ainsi écho à mon désir de me spécialiser pour prendre au mieux en charge des patients à travers le monde. 

La suite...?! une future mission auprès de Lépreux sur Dakar au Sénégal en 2019 et un autre diplôme universitaire...si Dieu le veut ! 


Et maintenant quelques photos illustratives de plaies complexes...


ATTENTION les YEUX...

 

 

 

 

lundi 26 février 2018

Tomber en Amour du Cambodge




Tout juste de retour du Cambodge, je m'attèle alors rapidement à vous transmettre quelques informations, nouvelles et impressions.

1- La Mission :

Notre journée type lors de la mission se déroulait comme suit :
Un "petit Croco"
-Lever (officiellement)  à 7h00, même si bien souvent avec le bruit du coq - des prières- la chaleur - et le lever du soleil, nous étions levés beaucoup plus tôt.
-Petit déjeuner 07h30
-Départ en bus ou en bateau lors des villages flottants 08h00
-Début des consultations et prises en soins 09h00
-Pause déjeuner 13h00
-Reprise du travail 14h00
-Fin des consultations et rangement des lieux vers 17h00
-Retour et débriefing de la journée 19h00
-Diner 19h45-20h00
-Soirée Jeux - détente et coucher vers 00h00


2- Les Cambodgiens : 

Tout au long de la mission itinérante,environ 900 personnes ont eu accès à nos soins.
Je garde en mémoire tous ces sourires et tous ces visages d'une telle beauté.

Au fil des jours, pour notre plus grand bonheur, nous apprenions à parler Khmer: du moins les mots les plus simples et de base tels que Bonjour / Merci / De rien / Comment ça va? / Au revoir.
Bien souvent, du fait de notre accent, aucun Cambodgien ne nous comprenait mais cela déclenchait à coup sur des éclats de rire lorsque nous insistions... 

A noter que le meilleurs professeurs restent les enfants, car en plus de rire, ceux ci ne se lassent jamais de nous répéter à tue tête les mots jusqu'à la perfection!
     
     Merci à eux !!











3- Les Villages Flottants : 

 L'apogée de la mission fût les villages flottants, à l'image du film WaterWorld.
Des villageois qui vivent de la pêche, qui se déplacent via de petites -mais bruyantes- embarcations et qui parfois élèvent des crocodiles ou des alligators. Reptiles élevés non pour leur viande mais uniquement pour leur peau!

La bas, nous avons logés chez l'habitant, avec comme plus proche voisin des alligators, et ainsi nous avons pu vivre simplement et soigner pendant plusieurs jours, au rythme de l'eau et du soleil.

L'occasion de découvrir des paysages splendides de pures beautés et de découvrir la vie de ces habitants.

 
4- Les Consultations :



 Lorsque la journée de consultation commençait, nous ne savions pas quelle population, quelle pathologie, quels soins nous aurons à faire dans la journée...Une surprise perpétuelle !

Par exemple, lorsqu'une grand-mère est arrivée avec une fracture du poignet, il a fallu faire avec les moyens sur place pour lui maintenir le membre. Après inventaire du matériel, j'ai pu lui confectionner une attelle avec... des abaisses langues.


En tant qu'assistante médecin, j'ai eu le privilège de passer du temps aux cotés de Dr Sotikun. Une femme remplie d'une paix profonde, qui a donné sa vie pour soigner et prendre soin des orphelins et des plus pauvres. Nos conversations ont été riches en échange sur nos pratiques différentes et Dr Sotikun m'a ainsi apprise quelques techniques ostéopathes. Une vraie chance !

Merci Sotikun pour ce partenariat.


5- L'Histoire - La culture:

Dès qu'une destination de Mission m'attire, j'aime me plonger dans l'histoire et la culture de ses habitants.
Avec le Cambodge, je me suis "surprise à tomber en Amour" pour tous les adultes, en lien à leur histoire vécue par le génocide des Khmers.
Les "cellules" très étroites

 Lors de notre journée off, avec une partie des bénévoles, nous avons pu visiter la S-21 ou Tuol-Seng : une prison appelée la machine de mort des Khmères rouges dans les années 75.
 
 Un centre de détention ou seulement 7 survivants sur 22 000 incarcérés réussirent à en sortir vivant.
   Beaucoup d'émotions, de frissons, durant ces 2h30 de visite.
Les 7 survivants de S-21


 Une visite dans un silence profond pour permettre au mieux de saisir toute cette tragédie.








 6- Journée visite des Temples d'Angkor: 8ème merveille du monde 

Petit Selfie Angkor Wat :D

Qui dit Cambodge, dit Angkor!

Durant une journée, j'ai eu le privilège de visiter les temples d'Angkor, avec le temple appelé Angkor Wat, symbole sur le drapeau du Cambodge, et le temple Ta Prohm, le fameux temple de Tomb Raider où du film "les deux frères".

Angkor Wat est le plus grand temple et s'étend sur 1500 mètres sur 1300 mètres.
Construit au 12ème siècle pour honorer les dieux hindous, il a fallu 37 ans pour l'achever.

En 1992, il est rentré en restauration par différents pays (France, Allemagne, Inde, Japon...) et depuis le site est classé patrimoine mondiale de l'UNESCO .


Avec les racines des frangipaniers

7- Le climat ou plutôt le choc thermique :

Alors que la France subissait une vague de froid, à mon arrivée à Phnom Penh, un petit 32° C nous accueillait - nous, l'équipe des 13 bénévoles. Tout au long de la mission, le tee shirt était de rigueur. Lors de notre départ du sol Cambodgien, le baromètre était alors monté jusqu'à 38°C...Difficile donc de ré acclimater le corps au froid ! :D


8- Bilan de la Mission

Pour finir, je ne peux vous cacher que la mission au Cambodge fut source de richesses, de joie, d'émotions, et de découvertes en tout genre. J'en ressors comblée et remplie de beautés tant par les paysages, que par la culture ou par les rencontres avec les Cambodgiens.
Le mot de la fin, il me tarde de repartir vers une nouvelle aventure !
"Le plus beau des voyages est celui qu'on n'a pas encore fait."



jeudi 11 janvier 2018

PREPARATION DE LA MISSION CAMBODGE 2018


                                                              A Rennes, le 11 janvier 2018.

Chers amis,
Chère famille,

                              Bonjour à tous,
Tout d'abord, je souhaite vous adresser tous mes vœux pour cette nouvelle Année qui débute. Que 2018 apporte à chacun Paix, Joie, Amour et Charité mais aussi ce que chacun peut ardemment désirer au fond de son cœur. Alors à tous, une BONNE ANNÉE 2018 !

Ensuite, j'aimerai vous remercier pour votre soutien, votre participation spirituelle, par vos prières, et/ou financière, par vos dons, pour cette future Mission Humanitaire au Cambodge. MERCI car l'ensemble des frais de mission a été couvert .... Lui seul pourvoit ....


Le compte à rebours est déjà lancé...J-23 !!

Janvier, déjà bien entamé, laisse alors progressivement la place au mois de février qui pour moi est signe du départ imminent pour "les villages flottants"cambodgiens sur le Tonlé Sap. Alors voici quelques nouvelles pour vous faire pleinement participer à la mission; après avoir reçu cette semaine, ma feuille et mon livret de mission ...

En voici quelques infos : 
Départ le 4 février de Roissy Charles de Gaulle pour Dubaï et enfin Phnom Penh -terminus. Une fois arrivée, et les formalités pour rentrer sur le territoire validées, notre équipe de bénévoles sera emmenée via une navette de l'association à 1h de route dans une petite maison au Village de Kbal Chhroy,à Phnom Penh.
Après un briefing où toute la mission sera présentée -les projets, le déroulement des journées, l'itinéraire de la mission dans les différents districts, l’équipe locale (interprètes-cuisinières...)- chaque bénévole connaîtra ainsi son poste et sa tache attitrée pour apporter l'aide nécessaire aux populations.
                      Les jours qui suivront, nous travaillerons via :
               1-des consultations médicales gratuites pour les populations des villages,du nourrisson à la personne âgée.
               2-des visites qui s'inscrivent dans le programme de sensibilisation/prévention sur l’hygiène et la santé pour les enfants dans différentes écoles et orphelinats.

Durant la mission, j'aurai le "privilège" d'avoir une journée de repos durant laquelle sera visité: la 8ème Merveille du monde: la cité perdue d'Angkor, un site archéologique du Cambodge composé d'un ensemble de ruines et d'aménagements hydrauliques (Photo ci dessous)
Enfin, le dernier jour de la mission, un débriefing final et l’inventaire du matériel clôtureront la mission le 21 février .



Et la question météo....?!
Comme tout pays tropical, le Cambodge connaît 2 saisons: une période d'hiver et une période de moussons. Lors de mon séjour, ce sera l'hiver sous 22-32°C, plutôt sympa ...


Petit rappel historique sur ce pays et la population
Le 17 avril 1975, de jeunes soldats Khmers rouges, vêtus de noir et faméliques entraient dans Phnom Penh sans résistance et évacuaient la ville immédiatement, premier acte du régime de terreur de Pol Pot qui allait durer près de quatre ans.
La « glorieuse révolution » du Kampuchéa (Cambodge) démocratique se mettait en marche alors que les ultramaoïstes prenaient le pouvoir au Cambodge.
Très vite, les Khmers rouges vident les villes, synonymes de toutes les perditions de l’ancien régime soutenu par les « impérialistes » américains, tombé comme un fruit mûr, et dont ils vont s’acharner à liquider tous les représentants : hauts cadres, soldats, fonctionnaires.

Trente ans après la prise du pouvoir des Khmers rouges, et les quatre années de génocide qui ont coûté la vie à 1,7 million de Cambodgiens entre 1975 et 1979, la cicatrice est béante.
« Souvent, j’ai de longues périodes de désespoir, des insomnies, des idées très noires, et puis je finis par me récupérer, parce que je comprends que je peux aider les autres, faire le contraire de ce que nous ont infligé les Khmers rouges. C’est cela, mon seul remède contre la dépression. » Le professeur Ka Sunbaunat, 52 ans, dirige le « Programme national pour la santé mentale », au Cambodge, et les vingt psychiatres qui tentent vainement d’éloigner les fantômes d’épouvante qui hantent encore ce pays de 15 millions d’habitants.(2013)

« Au moins 80% de mes concitoyens âgés de plus de 40 ans, c’est-à-dire 45% de la population, souffre de stress post traumatique, de dépressions, d’anxiété, de perte d’identité, ils cauchemardent, ils ne font confiance à personne », explique le médecin, avant de s’interroger : « Comment guérir de quatre années de tortures sous Pol Pot ? »


La suite de l'aventure au prochain numéro ! 
Après ces quelques lignes, et en vous remerciant encore profondément, je reste à votre disposition pour toujours plus échanger sur cette future mission au service du plus petit, du plus nécessiteux, du plus pauvre, du prochain. 

A très bientôt.
                                                                Myriam Elise Maignan
                                                                          97B rue de Paris
                                                                          35000 Rennes
                                                          Tel: 07.60.60.44.21 

"Vous valez ce que vaut votre cœur." Saint Jean Paul 2
  
"Quand la souffrance s'abat sur nos vies, il faut l'accepter avec un sourire. Aimer doit être aussi naturel que vivre et respirer." Sainte Mère Teresa